L' ETAS de Biskra

L' ETAS de Biskra
L'Ecole des troupes aéroportées et des forces spéciales de Biskra a organisé, avant-hier, une journée portes ouvertes sur ses activités de formation destinée aux nombreux jeunes désirant faire carrière dans le corps d'élite des paracommandos de l'ANP.

Le colonel H. Alaïmia, documents vidéo à l'appui, a présenté à la presse son école et les diverses activités qui s'y déroulent. Par ailleurs, le commandant Tedj, directeur des études, s'appesantit sur les multiples services de cette institution et mit l'accent sur le haut degré de professionnalisme de ses cadres et la qualité des stagiaires qui - venant des différents corps d'armée et des services de sécurité - y suivent une formation à la carte et des stages de recyclage ou de perfectionnement. En outre, des stagiaires et de nombreux para-commandos, régulièrement inscrits à cette prestigieuse institution de l'ANP qui a été dirigée - depuis son transfert de Skikda vers Biskra - par Khaled Nezzar, Liamine Zeroual et par le général major Chérif Abderrazak, l'actuel chef de la 4e région militaire, ont remporté cette année comme à l'accoutumée des trophées dans des compétitions internationales de parachutisme militaire. En ce qui concerne l'équipement de la base, il n'a rien à envier à celui des meilleures écoles étrangères de parachutisme. Pour le non-initié, les parapentes dont s'est dotée l'école sont de « véritables ascenseurs qui permettent à ces sportifs de haut niveau de sauter d'un C 130 volant à 3000 m et surtout d'atterrir en souplesse, avec armes et bagages, jusque à l'endroit indiqué », nous a-t-on indiqué.
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# Posté le mardi 16 juin 2009 12:53

Modifié le mercredi 17 juin 2009 20:06

Au c½ur de la formation des élites de choc

Au c½ur de la formation des élites de choc
Sections de sécurité et d'intervention
Au c½ur de la formation des élites de choc

C'est la première fois, depuis leur lancement, que les sites de formation des Sections de sécurité et d'intervention (SSI), dépendant du Détachement de sécurité et d'intervention (DSI) de la Gendarmerie nationale, ouvrent leurs portes aux journalistes. Une véritable fabrique d'hommes d'exception, différents dans leurs tuniques, leurs équipements, leur façon de s'entraîner, d'opérer et de traiter la grande criminalité sous toutes ses formes. Qui sont-ils ? D'où viennent-ils ? Comment sont-ils formés ? Quelle est leur force de frappe ? Combien sont-ils ?

Agiles, tenaces, le regard de lynx et prêts à tout moment à intervenir dans de grandes opérations de lutte antiterroriste, de lutte contre la criminalité au niveau des foyers dangereux et impénétrables, ils exécutent des missions impossibles, délivrent des otages et appréhendent des individus activement recherchés. Eux, ce sont de jeunes gendarmes formés par les prestigieuses écoles algériennes, comme celle des officiers des Issers ou encore celle des sous-officiers de Sétif, et qui se sont engagés dans ce corps de sécurité. Recrutés sur la base d'une batterie de tests physiques et psychologiques, ils doivent répondre à plusieurs critères avant d'être incorporés dans les Sections de sécurité et d'intervention (SSI). Et si, jusqu'à ce jour, les sites de formation de ces élites sont fermés aux visites, quelle que soit leur nature, c'est parce qu'il s'agit effectivement d'une zone interdite d'accès aux curieux, y compris aux médias. Le secret ? Ces hommes sont formés de jour comme de nuit, travaillent d'arrache-pied pour mériter leur statut et leur place dans les SSI et bénéficient pendant 45 jours d'un programme dense d'une moyenne de seize à dix-huit heures par jour sans interruption, soit l'équivalent de trois mois de formation pleine. Autrement dit, ces éléments doivent être isolés de toute influence et de tout regard pour se consacrer, depuis leur premier jour, à leur stage bloqué, et ce, jusqu'au dernier jour. Voire jusqu'à leur première mission à l'extérieur. À voir leur camp d'entraînement, n'est pas diplômé des SSI qui veut ! Nous les avons déjà rencontrés dans les trains de grandes distances, dans des opérations coup-de-poing et les descentes dans les foyers chauds de la délinquance. Ces jeunes élites opèrent sur les routes à travers 46 wilayas du pays. Les deux wilayas restantes seront bientôt pourvues de SSI, à savoir Tamanrasset et Ouargla, sachant que toutes les régions de l'Algérie seront couvertes à 100% avant fin 2009 dans le cadre du plan de déploiement arrêté par le patron de la Gendarmerie nationale, le général-major Ahmed Bousteila.

Bouchaoui, Baïnem et Mazafran : des sites d'entraînement à ciel ouvert
En cette journée ensoleillée du 1er mars 2009, nous pénétrons quelques secrets des SSI. Sous nos regards ébahis, ils exécutent des simulations réelles et s'adonnent à des exhibitions à couper le souffle. Difficile d'être dans leur peau. Ça donne des vertiges. Encore moins dans leur esprit. Leurs techniques, leurs armes, les sports de combat qu'ils développent comme les parcours du combattant concoctés dans les champs et les salles d'entraînement reflètent la nature des programmes et des disciplines que leurs formateurs, très expérimentés et aguerris à l'art du combat, leur dispensent quotidiennement. L'objectif ? Développer l'esprit du groupe. Car les SSI, lors de leurs interventions sur le terrain, surprennent beaucoup plus par la parade groupée tant pour déjouer un acte criminel que pour exécuter une opération définie dans le temps et dans l'espace. Aux sites de Bouchaoui et de Mazafran, à l'ouest de la capitale, comme au site de Baïnem, sur les hauteurs d'Alger, les éléments des SSI que nous avons rencontrés sont tous formés par des officiers et des sous-officiers ayant acquis un capital expérience à même de leur permettre de savoir, au premier jour de recrutement, si tel ou tel élément pourrait développer une endurance tout au long du cursus. Un haut cadre de la Gendarmerie nationale nous dira : “Nous leur assurons une formation très spécialisée et rigoureuse. Ces éléments doivent apprendre l'ensemble des techniques pour s'adapter aux nouvelles formes de comportement des criminels. Le crime est itinérant. Ses méthodes changent. L'impact sur le citoyen également. Nous avons eu des échos extraordinaires dans toutes les régions où les SSI ont déjà eu à opérer.” Notre interlocuteur citera, entre autres, leurs interventions au niveau des barrages de contrôle et de surveillance, comme dans certains lieux publics où les délinquants et les criminels imposaient leur diktat. Rattachés aux groupements régionaux de la gendarmerie basés dans les wilayas, les 1 500 éléments des SSI déjà actifs accompagnent aussi les compagnies régionales et coordonnent leurs actions en amont, c'est-à-dire sur la base de renseignements précis, avant d'intervenir. Résultat : arrestation des personnes recherchées, identification de suspects, des saisies en série de marchandises et de voitures volées.

Le corps et l'esprit, les deux armes des SSI
À l'atelier du tir professionnel, les SSI, sur le vif, sont munis d'armes de poing (PA), de kalachnikovs et de fusils à pompe. Les instructeurs accoutumés à l'art du combat simulent des situations réelles. L'objectif étant d'arriver en un temps record à aménager le corps et l'esprit de chaque élément pour le conditionner à lutter dans un groupe contre le crime au milieu des foyers dangereux ou encore sur les axes routiers. “La formation collective est essentielle pour les SSI. Une fois sortis des sites de formation, ces éléments sont disposés à tout moment à prêter main-forte aux barrages et aux patrouilles. Ils sont dotés de tous les équipements appropriés, individuels ou collectifs”, nous explique-t-on encore.
À l'atelier “barrage de contrôle”, nous assisterons, cette fois-ci, à deux démonstrations de force où les SSI neutralisent deux suspects à bord d'un véhicule vulgairement garé dans une aire de stationnement. Le contact physique étant nécessaire dans ce cas précis, les SSI recourent à la manière forte pour maîtriser ces individus avant de les appréhender. Au site d'entraînement spécial dans les techniques de libération des otages, nous assisterons à une scène où les SSI délogent un ravisseur embusqué dans une demeure isolée. L'usage des grenades et des armes à feu est, dans les situations majeures, plus que nécessaire pour mener à bout des missions délicates. Avant de donner l'assaut, le groupe du SSI cerne tous les aspects inhérents à l'intervention avant de maîtriser le sujet. S'ensuit l'effet de surprise contre le criminel, avant d'investir carrément la demeure. Ces quelques exemples parmi tant d'autres témoignent de l'agilité et la ténacité qui animent les SSI lors de leurs multiples opérations d'intervention de choc.
Au dernier site, parmi les 15 sites où sont formées ces élites de la Gendarmerie nationale, nous assisterons à des séances d'entraînement physique. Karaté, boxe, combat à mains nues, combat à main armée et techniques d'escalade d'immeubles ou de reliefs, bases de retrait des criminels, sont au menu de ces sessions quotidiennes. Ils sont supervisés par de véritables professionnels de sports de combat. De véritables accrochages physiques, à titre de simulation, se déroulent sous l'½il vigilant des instructeurs intraitables sur le terrain. Le droit à l'erreur n'est pas permis chez les SSI.

# Posté le mardi 03 mars 2009 11:54

!!!“Le monde entier doit savoir ce qu'a fait Israël à Gaza” !!!

!!!“Le monde entier doit savoir ce qu’a fait Israël à Gaza” !!!
Khouidmi revient de l'enfer de la répression israélienne

“Le monde entier doit savoir ce qu'a fait Israël à Gaza”

Le docteur Khouidmi vient de rentrer de Gaza où il a été dépêché dès les premières heures de l'agression israélienne. Médecin responsable au sein du Croissant-Rouge algérien des catastrophes, il est spécialisé dans les situations de guerre.

Le Dr Khouidmi nous reçoit en lançant : “Nous avons ramené un peu de phosphore blanc avec nous. J'en ai ramené un sachet avec moi. Les gens pensaient que c'était du sable.” Le sourire disparaît et le docteur commence à se remémorer : “Que Dieu nous préserve, avec tout ce qu'on a pu avaler là-bas. Une fois, j'ai dû ausculter un blessé à deux heures du matin, sans gants. Je sens toujours des picotements dans mes mains.”
C'est le 9 janvier, c'est-à-dire au lendemain de l'autorisation délivrée par les autorités égyptiennes et 11 jours avant le cessez-le-feu, que le Dr Khouidmi et son collègue ont traversé le passage de Rafah. Ils étaient en contact, dès les premières heures du conflit, avec leurs homologues du Croissant-Rouge palestinien.
“Dès qu'on a traversé la frontière, quatre F16 de l'armée israélienne ont commencé à bombarder la bande frontalière.”
Emmené à l'hôpital Nasser de Khan Younes, le Dr Khouidmi, au regard de sa formation de médecin de guerre, a été vite orienté vers l'hôpital Chifa de Gaza-ville qui recevait le plus grand nombre de blessés. Sur place, il découvre une situation catastrophique : pas d'eau, pas de courant électrique, ni vivres. L'hôpital conçu pour recevoir 400 patients comptait plus de 1 000 blessés, avec un manque criant en médicaments.
De par son expérience dans les conflits armés, le Dr Khouidmi fut désigné pour diriger les urgences de l'hôpital Chifa et orienter les blessés vers l'ensemble des services de l'hôpital. Il sera sollicité dès les premières heures pour prendre en charge les blessés qui ne cessaient d'affluer vers l'hôpital.
“J'ai découvert qu'il y avait des lésions étranges que je n'ai jamais vues auparavant. Deux faits ont attiré mon attention : sur les cadavres, dès qu'on ouvrait la peau, la chair commençait à brûler et dégageait une odeur ressemblant à celle de l'ail. Au niveau du bloc opératoire, quand les victimes sont admises et quand on ouvre l'abdomen, les organes internes commencent à brûler et une odeur s'en dégage. Nous avons fait des recherches et nous nous sommes aperçus qu'il y avait un produit chimique qui produisait cet effet : le phosphore blanc. Nous avons dû ajuster le traitement des brûlés, en faisant appel au lait et au bicarbonate de sodium, car l'eau et l'huile accéléraient la dégradation du tissu.”
Mais ce n'est pas tout, le Dr Khouidmi parle de l'utilisation de l'uranium : “L'armée israélienne utilisait des missiles antipersonnel qui explosaient juste à la surface, à hauteur de 50 centimètres, ce qui entraîne l'amputation des membres inférieurs. Ces blessés, une fois arrivés au bloc, et après quatre heures d'intervention chirurgicale, l'amputation est faite, la plaie suturée, le malade est admis au service de réanimation. Au bout de deux ou trois heures, rebelote, c'est la plaie qui s'ouvre et c'est l'hémorragie qui tue la victime. Nous avons conclu qu'il y avait présence d'uranium dans ces missiles. Nous avons eu deux ou trois blessés qui en sont morts. Après, nous avons dû réajuster notre thérapie.” Le Dr Khouidmi n'est pas resté au stade du constat. Avec des collègues palestiniens, jordaniens et égyptiens, ils ont alerté l'opinion publique internatio-nale : “Nous avons mis une semaine pour préparer un dossier solide, avec toutes les preuves nécessaires quant à l'utilisation par l'armée israélienne d'armes non conventionnelles ; nous avons organisé sur place une conférence de presse dans laquelle nous avons annoncé cela et nous avons saisi officiellement par écrit le Comité international de la Croix-Rouge pour diligenter une commission d'enquête composée d'experts neutres pour faire les investigations, confirmer nos dires et présenter les résultats d'enquête à qui de droit”.

Sa première mission à Gaza était de désengorger l'hôpital Chifa où convergeaient la plupart des victimes des attaques israéliennes en les orientant vers d'autres établissements de la région. Sa seconde mission fut la prise en charge des victimes de cette agression. Mais sa mission était également celle d'un témoin : “Nous avons été chargés de dire la vérité à la communauté internationale quant à la violation par l'armée israélienne des droits humanitaires internationalement reconnus.”
Le Dr Khouidmi avoue n'être jamais sorti de l'hôpital depuis son arrivée à Gaza. “L'armée israélienne n'a épargné ni staff médical ni secouristes. Deux jours avant le cessez-le-feu, un missile a touché neuf jeunes de la Protection civile palestinienne, dont six ont été amputés des membres inférieurs. Ils ont même atteint l'hôpital El-Qods, appartenant au Croissant- Rouge palestinien. J'étais obligé de négocier avec le délégué du CICR l'arrêt des combats pour permettre aux secours de se déplacer à l'hôpital El-Qods qui est à 2 kilomètres de l'hôpital Chifa. Tous les médecins de ce dernier hôpital voulaient partir porter secours à leurs collègues de l'hôpital El-Qods. Au bout des négociations, nous avons pu évacuer 30 blessés de l'hôpital El-Qods, dont une femme qui venait de subir une césarienne de 4 heures”.
Le Dr Khouidmi affirme que les bombardements se déroulaient à 60 mètres de l'hôpital Chifa. “Une fois, ils ont bombardé le siège du syndicat des infirmiers qui se trouve à 30 mètres de mon lieu de travail”.
De retour au pays, Dr Khouidmi n'est pas encore remis de ce qu'il a vu et vécu à Gaza.

Déjà choqué par les images diffusées par la télévision aux premières heures de l'agression israélienne, il a été touché par les marques de solidarité du peuple algérien vis-à-vis de ses frères palestiniens, notamment des jeunes. “Je suis allé représenter ces jeunes et tout le peuple algérien”, dira-t-il avant de nous livrer ses sentiments sur ce qui l'a le plus touché durant sa mission à Gaza. D'abord une image négative : “celle d'un père serrant ses deux enfants. Les trois étaient morts calcinés. Ils ont été atteints par un missile alors qu'ils circulaient en voiture”.
Ensuite, une image positive : “Dieu merci que je suis parti. Les Palestiniens ont un très bon moral. C'est un peuple brave qui aime le peuple algérien. Un jeune de 22 ans m'a ramené une panoplie de livres sur l'Algérie. Il les réunit depuis l'âge de six ans. À chaque fois, les Palestiniens me rappellent que nous sommes le peuple du million et demi de martyrs. Ils sont convaincus que si nous étions leurs voisins, cela fait longtemps qu'ils auraient prié à la mosquée El-Aqsa d'El-Qods”.

Nous quittons le Dr Khouidmi et le laissons finir ses démarches pour envoyer davantage d'équipes du Croissant-Rouge algérien, notamment des psychologues pour apporter un soutien aux enfants de Gaza.



!!! PALESTINE MHAK DALMA WELA MADLOUMA !!!

!!! DJAZAIR DIMA MHAK JAMAIS TKHALIK !!!

!!! ALLAH YERHAM EL CHOUHADA FI HADIK ROGDA !!!

!!! ALLAH O AKBAR !!!

# Posté le mercredi 28 janvier 2009 20:24

Modifié le mercredi 28 janvier 2009 23:51

Alger tiraillé entre l'Iran et l'OLP

Alger tiraillé entre l’Iran et l’OLP
Brouille entre l'Algérie et l'autorité palestinienne après le sommet de Doha
Alger tiraillé entre l'Iran et l'OLP


Dès que son avion décolla de Doha, le président Bouteflika s'est fendu d'un message assez appuyé à l'émir du Qatar. Ce dernier est pourtant devenu, en l'espace de deux jours, la “bête noire” de l'Autorité palestinienne.

“Je note avec satisfaction que la réunion consultative de Doha entre plusieurs dirigeants arabes a été une précieuse opportunité participant d'une prise de conscience en accord avec les sentiments de colère et de condamnation exprimés par tous les peuples du monde et la nation arabe face à des crimes aussi abjects commis par Israël contre notre peuple palestinien”, écrit-il en direction du Cheikh Hamed ben Khalifa al Thani. Dithyrambique à l'égard de son hôte, le président algérien n'hésite pas à saluer les efforts de l'émir qatari “soutenus et sincères au profit des causes arabes et votre soutien honorable à la cause palestinienne, notre cause centrale”.
En d'autres temps, le message présidentiel expédié à 10 000 mètres d'altitude dans le ciel du golfe Persique serait passé quasiment inaperçu. Coutumier de cette tradition postale aérienne, Bouteflika a néanmoins adressé un texte que l'Autorité palestinienne a décortiqué méticuleusement. Car, il faut se l'avouer, la participation de Bouteflika à Doha n'a pas été du goût de Mahmoud Abbas qui a snobé le sommet et a invectivé les pays qui y ont participé.
Abou Mazen a, de ce fait, utilisé ses deux lieutenants. La première salve est venue de Yasser Abd Rabo, le secrétaire général de comité exécutif de l'OLP, qui a fustigé les participants à la rencontre de Doha. “Ni l'émir du Qatar, ni quiconque d'autre ne décident du sort du peuple palestinien (...) Si l'émir du Qatar a des objectifs qu'il veut atteindre en exploitant le sang qui coule à Gaza, cela le regarde”, conclut-il sèchement.
La seconde mèche a été allumée par le secrétaire général de la présidence palestinienne Tayeb Abdelrahim : “Nous avons refusé de participer à cette réunion pour ne pas consacrer les divisions arabes (...) Un langage guerrier et des appels à rompre les relations avec Israël ont marqué les discours à la réunion. Celui qui lance de tels appels doit joindre l'acte à la parole, or il est bien connu que le Qatar entretient des relations avec Israël et abrite des bases militaires américaines.”
L'attaque contre celui qui protège la chaîne Al-Jazeera, qui fait le jeu médiatique du Hamas dans la bande de Gaza, fait mouche. À l'issue du sommet, le Qatar, flanqué de la Mauritanie, décide de geler ses relations diplomatiques avec Israël.



L'ombre d'Ahmadinejad

Et l'Algérie dans tout ça ? La réponse vient de... Téhéran. En pleine crise de Gaza, le président iranien Ahmadinejad dépêche un émissaire à Bouteflika porteur d'un autre message : “Aussi, avons-nous chargé M. Hossein Dahkane, vice-président de la République et président de la fondation Chahid, d'expliquer à Votre Excellence, la position de la République islamique d'Iran et de procéder à un échange de vues sur les possibilités d'une coopération et des mesures communes à prendre.”
Cette proximité algérienne avec l'Iran est la clé du positionnement diplomatique de Bouteflika. Surtout que dans la guerre menée contre les Palestiniens à gaza, c'est l'ombre d'Ahmadinejad qui retient l'attention aussi bien des Israéliens que des Américains.
Depuis le début des bombardements israéliens, les observateurs politiques se perdent en conjectures sur le “silence” du président algérien. À quoi joue-t-il ? Quelle position tient Alger dans l'échiquier du Proche-Orient ? Àcette dernière question, certains sont tentés de répondre “aucune” surtout que les poids lourds que sont l'Égypte et l'Arabie Saoudite ont trusté les rôles de négociateurs et de médiateurs dans cette crise.
Le Caire et Riyad ont repris, paradoxalement, des couleurs depuis que leurs capitales respectives sont devenues l'épicentre des tractations israélo-palestiniennes sur le cessez-le-feu. Mais il leur manque l'essentiel : maîtriser la donne iranienne, surtout que les deux puissances arabes sunnites sont les ennemis jurés du régime des Mollahs. “Les traîtres arabes devraient savoir que leur sort ne sera pas meilleur que celui des juifs dans la bataille d'Ahza”, s'exclame le guide suprême iranien l'ayatollah Ali Khamenei. L'avertissement est de taille de celui qui a donné sa “bénédiction” au Hamas palestinien.



En attendant Obama

De ce fait, Alger s'est retrouvé dans le camp des durs. Celui de Téhéran, de la direction de Khaled Mechaal, basée en Syrie et de Damas elle-même qui, comme son voisin iranien, compte sur les réseaux du président algérien pour entretenir les canaux de dialogue avec les... Américains. Car dans cette guerre sourde et souterraine, où la diplomatie des réseaux a remplacé celle des alliances, Alger a réussi à court-circuiter Le Caire qui, en guise de représailles politiques, interdit aux avions cargos militaires algériens d'acheminer les aides de la solidarité algérienne vers Gaza. Un petit message entre “frères” arabes.
Car tout le monde attend ce que feront les États-Unis version Obama. Ce dernier a d'ailleurs clarifié sa politique iranienne en privilégiant le dialogue, pour le moment. Un changement de cap auquel se prépare Téhéran et son meilleur avocat, l'Algérie. Israël qui n'apprécie pas du tout qu'Alger occupe cette position stratégique dans l'après-Gaza qui se profile veut en finir avec le Hamas, afin de se consacrer entièrement à la menace iranienne. Et le début d'un dialogue quelconque n'intéresse pas le cabinet israélien qui a dans son dos une puissance régionale émergente qu'elle accuse d'être “atomique”.
C'est pour toutes ces considérations que l'Algérie a basculé dans le camp des irréductibles au grand dam de l'Autorité palestinienne. D'ailleurs, juste après les déclarations incendiaires des porte flingues d'Abou Mazen, des députés algériens d'El-Islah n'ont pas hésité à demander au ministère des Affaires étrangères de convoquer... l'ambassadeur de la Palestine à Alger pour s'expliquer. Une première en Algérie. Il faut dire que sur le front intérieur, l'aile conservatrice du FLN, emmenée par Belkhadem, et le mouvement islamiste légaliste, de Soltani, poussent leurs pions pour faire du Hamas palestinien l'unique interlocuteur avec l'Algérie. Mais ceci relève davantage de notre cuisine interne.


# Posté le dimanche 18 janvier 2009 19:42

Un professeur algérien en californie appelle à changer de politique face aux États-unis

Un professeur algérien en californie appelle à changer de politique face aux États-unis
Un professeur algérien en californie appelle à changer de politique face aux États-unis

Comment les arabes peuvent contrer le lobby israélien

Si l'archaïsme et l'immobilisme des arabes persistent, il ne faut pas s'attendre à ce que la politique étrangère américaine change avec l'arrivée de Barack Obama. Tel a été, en quelque sorte, le message qu'a voulu adresser le professeur algérien Hammoud Salhi, lors de la conférence qu'il a animée, hier, au centre Echâab des études stratégiques.

“Avant le début des attaques israéliennes, Obama parlait chaque jour, et dès qu'elles ont commencées, il s'est tu, arguant du fait qu'il y avait un président en place !” Une attitude que le professeur explique par les pressions du lobby israélien sur le président élu. Une réalité que personne ne peut nier, mais qui semble, pour le conférencier, loin d'être une fatalité. “Je suis de nature optimiste”, dira-t-il en essayant d'éclairer les présents sur les “atouts” que les arabes doivent utiliser.
Pour cela, il s'“appuiera” sur la composante de l'équipe d'Obama. Il n'hésitera pas à vanter les qualités du futur conseiller à la sécurité nationale, James Jones, ou encore de Susan Rice, future ambassadrice des États-Unis à l'ONU. Mais c'est la future remplaçante de Condolezza Rice au département d'état, Hilary Clinton, qui semble être le meilleur “appui” pour Hammoud Salhi : “il faut distinguer en elle trois personnalités : celle de la première dame du temps où son mari était président ; une période où elle n'avait pas caché son soutien aux palestinien, surtout qu'elle avait pour amie la femme de Yasser Arafat. La seconde, c'est celle de sénatrice de New York où elle n'avait pas caché son soutien sans ambiguïté au lobby sioniste et enfin son statut de ministre des affaires étrangères et c'est autre chose. Elle a de l'expérience et les arabes doivent en profiter.”
D'ailleurs, tout au long de la conférence, le professeur a répété à plusieurs reprises que les arabes doivent profiter de toutes les situations. Pour lui, la manière avec laquelle le lobby arabe a été utilisé jusqu'à maintenant est à revoir de fond en comble. Pour appuyer son analyse, il citera plusieurs situations dans lesquelles les pays arabes se sont montrés carrément amateurs.
Académicien qu'il est, M. Salhi ne s'est, à aucun moment, écarté d'un langage diplomatique, mais ses nuances étaient loin d'être tendres envers les régimes arabes. Il essayera de donner des “tuyaux” : “le changement escompté ne peut se réaliser qu'au niveau des employés et non par les responsables. Cela les israéliens le savent.”
Il critiquera aussi la politique de communication appliquée jusqu'à maintenant. Il donnera pour cela deux “anecdotes”. La première concerne l'offre de paix arabe
prônée depuis 2002, lors du sommet de la ligue arabe à Beyrouth : “300 000 dollars ont été déboursés pour la publication du texte sur certains journaux qui en même temps écrivaient tout le contraire dans les autres pages.” Il reviendra aussi à une autre anecdote qu'un journaliste américain lui avait racontée : “c'était lors d'un sommet entre Bill Clinton, Yasser Arafat et Benjamin Netanyahou. Entre les deux négociateurs, il a été convenu de ne pas faire de déclaration à la presse et de laisser cela au président américain. Cependant, Netanyahu, dès qu'il s'est retrouvé seul devant les médias, s'est fait un plaisir de lancer son message. Au même moment, Yasser Arafat, dès qu'il a été sollicité par la presse, a refusé en expliquant que c'était suite à un accord avec l'israélien. Le journaliste lui demanda alors d'allumer la télévision.
Ce que fit le défunt pour voir Netanyahu en train de faire des déclarations. Qu'a fait Arafat ? Il est allé avec les autres membres de la délégation à l'hôtel pour... manger. Le lendemain, ils ont rencontré la presse, mais c'était déjà trop tard. Netanyahu avait déjà lancé le message qu'il voulait.”
Un changement radical de la stratégie (quand elle existe) de lobbying arabe aux États-Unis est ainsi recommandé par le professeur, mais pas seulement cela. Il aborda aussi le contexte d'une façon plus globale en affirmant que “les politiques appliquées jusqu'à maintenant ont totalement échoué. Les revendications des peuples doivent être entendues”. Dans une semaine, les États-Unis auront rendez-vous avec l'investiture d'Obama. Ce sera aussi le début d'une ère que les arabes n'ont pas le droit de “rater”.
La question palestinienne a été, bien entendu, longuement abordée lors de la conférence, même si on a noté que les massacres de Gaza ont été rarement cités (juste il “osa” pronostiquer que les attaques israéliennes prendront fin avant l'installation d'Obama à la maison-blanche).
Le professeur essaya de donner sa propre analyse des attitudes d'Israël. Il a ainsi réfuté l'idée reçue, selon laquelle Israël ne négocie qu'en position de force : “au contraire, c'est à chaque fois par rapport à sa situation économique.” Il s'attardera sur des chiffres avant de dire sans ambages : “si j'étais Palestinien je ne négocierai pas.”

# Posté le lundi 12 janvier 2009 20:23